La lettre de l’épargne et de l’actionnariat salarié

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La lettre de l’épargne et de l’actionnariat salarié N°22

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Partage de la valeur, épargne salariale, ou la nécessité d’être socialement responsable

À qui profite l’épargne ou comment faciliter l’accès à tous les salariés ?

Au sein d’une même entreprise, la vocation de l’épargne salariale est de profiter à la majorité des salariés pour éviter de renforcer encore plus les inégalités. La politique d’abondement négociée est donc un levier incitatif aux versements dans le PEG/PERCO de l’intéressement et de la participation. Cette politique peut plus ou moins favoriser les premiers niveaux de salaire. 

100€ de perdus, à qui la faute ? La négociation annuelle de l’abondement PERCO a eu lieu le 7 mars. Toutes les organisations syndicales représentatives pouvaient signer l’avenant PERCO pour améliorer le dispositif de 2006 et obtenir les 100€ arrachés à la direction lors de la négociation :

Rappelons que l’accord initial de 2006 a été signé par la CFDT, FOcom, CFE CGC et la CFTC.

En 2022, seules la CFDT et FOcom, soit en cumulé une audience de 42%, ont signé l’avenant mais cela n’a pas suffi pour rendre l’avenant 2022 valide (il fallait 50 % de représentativité), dommage ! Il a manqué une signature …contre toute attente au regard des signatures de l’avenant PERCO de 2021, la CFE-CGC n’a pas voulu signer cette année préférant conserver un dispositif moins disant !

148€ de gagnés, grâce à qui ? Pour avoir un supplément d’intéressement, il faut impérativement un accord d’intéressement.

Or, l’accord d’intéressement pour les années 2021/2022/2023 a été signé par les 3 organisations syndicales suivantes : CFDT, SUD et FOcom …

En conséquence, grâce à un dialogue social résilient et au regard des résultats, la Direction a proposé au Conseil d’Administration de verser un supplément d’intéressement sans attendre la saisine d’une quelconque organisation syndicale non-signataire de l’accord d’intéressement…

Ces exemples attestent du pragmatisme de la CFDT qui, par sa signature préserve, autant que faire se peut, le pouvoir d’achat de tous les salariés, quel que soit leur niveau de rémunération. Cette exigence nous a conduit à ne pas signer l’accord salarial de 2021, avec les maigres 1,8 % de taux directeur proposés. Une seule organisation syndicale l’a fait (CFE-CGC), là encore, contre toute attente.

Gageons que cette année les négociations pourront nous amener à un accord valide signé par plus de 50% des organisations syndicales représentatives.

La balle est dans le camp de la Direction, charge à elle de faire une proposition à la hauteur des enjeux, prenant en compte un contexte inflationniste majeur corrélé à deux années consécutives de montants d’augmentations collectives indécents !

L’enjeu du partage de la valeur au cœur du dialogue social

Bien gouverner une entreprise, c’est concilier performance économique et performance sociale.

Le fruit de la richesse créée doit être reparti équitablement entre l’entreprise, les salariés et les actionnaires.

La reconnaissance de l’investissement des salariés dans la réalisation et l’atteinte des objectifs de l’entreprise se mesurera à l’aune des accords suivants :

  • L’accord salarial (NAO) structurant pour des augmentations générales et/ou individuelles
  • Les accords de participation et d’intéressement objectivés par des indicateurs de performance 
  • La politique d’abondement favorisant la constitution d’une épargne salariale

Ces dispositifs sont complétés par les décisions unilatérales de l’entreprise relatives aux rémunérations variables : Part Variable Managériale / Part Variable Vente / LTIP (actions gratuites pour les hauts dirigeants de l’entreprise).

Enfin, la politique de dividende vient rémunérer les actionnaires qui attendent un juste retour sur leur investissement. Pour l’année 2022, sous réserve de l’approbation par l’AG de l’affectation du résultat de l’exercice, les actionnaires salariés (actifs et retraités) vont donc recevoir près de 133 millions d’€ de dividendes. Le portefeuille moyen d’un salarié actif est de 1200 parts, ce qui correspondra à 840€ de dividendes à percevoir sur 2022.

Le rôle des organisations syndicales, au moment de la publication des résultats, est d’analyser les marges de manœuvres possibles et d’œuvrer pour l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés en privilégiant les augmentations salariales, impératives pour les retraites futures.  

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