Projet « New Lannion » : moins d’espace, plus de stress ? 23 mars 2026
À l’occasion de la restitution du rapport d’expertise sur le projet « New Lannion » lors de la séance du CSEE Innovation qui se déroulait ce jeudi 19 mars 2026, la CFDT a exprimé de vives inquiétudes concernant ce projet, alertant sur les risques psychosociaux (RPS) et la dégradation des conditions de travail pour les salariés du site. L’analyse du syndicat, appuyée par le rapport du cabinet Technologia, pointe plusieurs incohérences entre le discours de la direction et la matérialité du projet.
Principaux points d’alerte soulevés par la CFDT
Les critiques s’articulent autour de plusieurs thématiques majeures :
Aménagement et densité des espaces :
Surface par poste : Estimée entre 4 et 6 m², elle est jugée insuffisante au regard des 6,5 m² recommandés par Technologia et des standards des autres sites d’Orange Innovation.
Nombre de postes : Un déficit de 63 à 95 postes de travail est calculé, faisant craindre une saturation des espaces.
« Bench » de 6 personnes : Le projet prévoit 35 îlots de 6 postes, une configuration dénoncée comme favorisant la dépersonnalisation et allant à l’encontre des recommandations de la norme NF X35-102 qui préconise des regroupements de 4 postes maximum.
Double transition : Le passage simultané d’un bureau individuel à un « open space » et d’un poste attitré à un « flex-office » est perçu comme une rupture brutale, source de stress.
Infrastructures et accès :
Stationnement : Un manque de 133 places de parking pour voitures et 60 pour vélos est identifié.
Accès routier : L’unique accès via un rond-point déjà saturé est une source de stress et de risques pour la sécurité.
Installations sanitaires : Le nombre de douches (6) et de sanitaires est jugé insuffisant par rapport à la capacité d’accueil des bâtiments.
Non-respect des normes et recommandations (NF X35-102) :
Distances : Les espacements entre les postes de travail seraient au minimum légal (ex: 1,90 m dos à dos) et non aux distances préconisées pour le confort et la limitation des nuisances.
Qualité de l’air : Les débits de renouvellement d’air seraient fixés au minimum réglementaire, au lieu des 50 m³/h recommandés par la norme pour garantir de bonnes conditions sanitaires.
Besoins métiers : Le projet ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des activités et des besoins de coopération réels, se basant principalement sur des ratios globaux.
Processus de co-construction et risques psychosociaux :
Co-construction limitée : La CFDT estime que les ateliers de travail se sont déroulés dans un cadre déjà figé, sans possibilité de discuter des choix structurants (ratios, surfaces).
Télétravail contraint : Le risque est que le télétravail devienne la variable d’ajustement pour gérer le manque de postes, faisant porter la régulation sur les managers et les salariés.
« Travail invisible » : La recherche quotidienne d’une place, le transport de matériel et la gestion du bruit augmenteraient la charge mentale des salariés.
Propositions de la CFDT pour améliorer le projet
Face à ces constats, la CFDT a formulé des demandes claires et des solutions concrètes :
Demandes principales :
Augmenter le ratio de postes par salarié à 0,8 (contre 0,65 prévu).
Augmenter la surface par poste de travail à 7 m².
Respecter les préconisations de la norme NF X35-102 (suppression des benchs de 6, augmentation des distances, etc.).
Solutions proposées :
Conserver le bâtiment LB.
Ajouter un étage supplémentaire sur certains bâtiments (ex: LA4).
Transformer ou agrandir le bâtiment LL en espace de travail.
Aménager des places de parking supplémentaires.
Mettre en place un comité de suivi post-installation.
Bilan de la réunion du CSEE
Malgré la présentation de cette analyse détaillée, les avancées obtenues lors de la réunion sont jugées très limitées par la CFDT.
Ajustements obtenus (considérés comme mineurs) :
Les places de parking seront toutes accessibles aux salariés.
Les distances de recul non conformes aux minimums légaux seront corrigées.
La répartition des douches Hommes/Femmes pourra être revue.
Points de blocage majeurs (choix structurants non modifiés) :
Le ratio de 0,65 poste par salarié est maintenu.
Les surfaces par poste de travail ne sont pas augmentées.
Les préconisations de la norme NF X35-102 ne sont pas adoptées.
Les 35 « benchs » de 6 personnes sont conservés.
Aucun poste de travail supplémentaire n’est ajouté.
Aucune solution immobilière (conservation de bâtiment, ajout d’étage) n’est retenue.



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