Newsletter CSEE Innovation Mars 2026/ New Lannion 14 avril 2026
Réorganisations Projet Immobilier «New Lannion »
🏗️ Projet «New Lannion » : l’expertise dénonce des partis-pris
Le CSEE (Comité Social et Économique d’Établissement) du 19 mars était une étape cruciale concernant le projet immobilier « New Lannion », avec la restitution très attendue du rapport d’expertise du cabinet indépendant Technologia, mandaté par vos élus. Cette expertise, que la CFDT a ardemment soutenue, confirme point par point les alertes que nous portons depuis des mois. Le constat est sans appel : le projet, en l’état, fait primer une logique financière de court terme sur la santé, la sécurité et la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) des salariés.
🟠 Le constat accablant du cabinet d’experts Technologia
Le rapport du cabinet Technologia, long de plus de 300 pages, est une analyse rigoureuse et factuelle qui met en lumière des défauts de conception majeurs et des risques graves pour les salariés. L’enquête menée auprès du personnel révèle une défiance massive : seuls 5 % des salariés adhèrent au projet et la moitié n’a plus confiance en la direction pour le mener à bien.
Voici les conclusions les plus alarmantes de l’expertise :
Un déficit de postes de travail structurel : Dans un scénario déjà favorable à la direction, l’expertise chiffre le manque à 63 postes de travail pour les seuls salariés d’Orange Innovation. Selon nos propres calculs, ce déficit atteindrait au moins 95 postes pour l’ensemble du site. Cette pénurie organisée rendra la recherche d’une place chaque matin anxiogène et conflictuelle.
Une densification record et des surfaces insuffisantes : Avec 4 à 6 m² réels par poste, les surfaces sont non seulement inférieures aux recommandations (6,5 m²) mais aussi à ce qui se pratique sur d’autres sites d’Orange Innovation. Le projet bat des records avec une concentration de 35 « benchs » (îlots) de 6 personnes, une configuration abandonnée sur d’autres sites à la suite des retours d’expérience négatifs.
Le non-respect systématique des normes de confort et de sécurité : L’expertise confirme que les préconisations de la norme de référence pour l’aménagement des bureaux (NF X35-102) ne sont pas respectées sur des points essentiels : distances entre les postes, débits de renouvellement d’air au minimum légal, etc. De plus, de nombreuses salles de réunion ne sont pas conformes aux distances légales de sécurité.
Un risque psychosocial majeur et un « travail invisible » : Le rapport alerte sur un risque psychosocial « principalement organisationnel et cumulatif ». La recherche d’une place, le transport de matériel, la gestion du bruit, la négociation pour accéder à un poste adapté… tout ce « travail invisible » deviendra une charge mentale quotidienne. Les experts ont été marqués par l’état de détresse de certains salariés, allant jusqu’à des « crises de larmes en entretiens », ce qui n’est pas neutre…
Un recours au télétravail contraint : L’expertise est formelle ; le projet fait porter la régulation du manque de places sur les salariés et les managers. Pour la CFDT, la ligne rouge est claire : le télétravail, conquis de haute lutte, ne doit jamais devenir la variable d’ajustement d’un projet sous-dimensionné.
Des problèmes d’accès et de stationnement critiques : Il manque 133 places de parking pour les voitures et au moins 60 pour les vélos, créant un risque de saturation et de stress quotidien. L’accès unique via un rond-point déjà saturé est également une source de danger.
🟠 Notre analyse : un projet déconnecté du travail réel
Pour la CFDT, cette expertise valide ce que nous dénonçons depuis le début : ce projet n’a pas été pensé pour les salariés, mais contre eux. Le discours de la direction sur la « co-construction » et « l’amélioration des conditions de travail » ne résiste pas à l’analyse des faits. La réalité, c’est que les choix structurants (la taille du bâtiment, le budget) ont été verrouillés en amont, ne laissant aux salariés et à leurs représentants que des marges de manœuvre à la baisse.
Nous avons dénoncé en séance cette méthode qui consiste à appliquer une « recette » nationale dogmatique, sans tenir compte des spécificités de Lannion : un foncier peu cher, des salariés habitués à des bureaux individuels et un attachement historique au site. Le double passage brutal du bureau individuel à l’open space (espace de travail ouvert) et du poste attribué au flex-office (bureau non-attribué) est une rupture d’une violence inédite, qui va accentuer les risques psychosociaux.
Malgré les 11 réunions de la commission dédiée (CSSCT), nos questions fondamentales sont restées les mêmes du début à la fin, preuve du peu de volonté de la direction de revoir sa copie. Pire, le dossier présenté en CSEE continue d’affirmer que la norme NF X35-102 est respectée, alors que l’expertise et nos travaux prouvent le contraire. C’est un déni de dialogue et un manque de respect pour le travail des représentants du personnel.
🟠 Nos actions concrètes : rendre le projet acceptable
Face à ce projet dangereux, la CFDT, aux côtés des autres élus, a voté un avis négatif unanime lors du CSEE. Mais nous ne nous contentons pas de refuser. Fidèles à notre culture du dialogue constructif, nous avons formulé des demandes claires et des propositions alternatives pour rendre ce projet acceptable et préserver la santé des salariés.
Nous soutenons fermement les 3 exigences issues des travaux de la CSSCT et de l’expertise :
Recalibrer le nombre de postes en fixant le ratio de partage à 0,8 au minimum, pour tenir compte du taux de présence réel.
Augmenter la surface par poste à au moins 7 m² réels, pour garantir des conditions de travail dignes et permettre le respect des normes.
Respecter scrupuleusement les préconisations de la norme NF X35-102, notamment sur les distances entre les postes, la suppression des « benchs » de 6 personnes et un renouvellement d’air de qualité.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons mis sur la table des solutions concrètes et réalistes :
Conserver le bâtiment LB pour augmenter la surface disponible.
Prévoir un étage supplémentaire sur le nouveau bâtiment, par exemple en structure bois comme cela s’est fait à Caen.
Transformer le bâtiment LL en espace de travail tertiaire.
Aménager des places de parking supplémentaires sur les espaces verts avec des revêtements perméables.
Mettre en place un véritable comité de suivi après l’installation, avec des indicateurs partagés et une clause d’ajustement obligatoire si les problèmes persistent.
La CFDT ne se laissera pas impressionner par un calendrier, ou un budget, prétendument bouclés. La santé et la sécurité des salariés ne sont pas négociables. Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour que la direction entende raison et revoie en profondeur ce projet qui, en l’état, est une régression sociale inacceptable.
| N’hésitez pas à solliciter vos représentants CFDT Innovation. Votre voix est notre mandat. |


Les commentaires sont fermés.