Orange Gardens, en route vers le Flex

Innovation (TGI)

Orange Gardens, en route vers le Flex

Orange Gardens à Châtillon (92) est le premier projet immobilier d’envergure d’Orange de passage en environnement dynamique (« flex office »). En octobre les élus du CSE ont dû se prononcer lors de la séance de consultation. Ils ont été aidés par le rapport d’expertise Secafi et celui de la commission CSSCT-Transverse qui détaillent les modalités de travail auxquelles s’attendre, si le projet n’est pas remanié.

À l’origine, une densification inégalée

Avec 6 000 occupants prévus, pour un projet initial de 5 430 personnes (dossier promoteur), le projet atteint ses capacités maximales, jusqu’à 6 postes pour 10 salariés.

Une capacité d’accueil de 3 380 personnes supplémentaires

Un total de 6 100 salariés sur le site

4 100 positions de travail en espace dynamique
3 000 places en salle de réunion
2 700 positions informelles (cafétéria, lounge)
Soit 9 800 places assises
Un taux de partage de 0,67 poste par personne

Le coût des travaux est de 36 M€ avec une économie annuelle estimée à 10 M€.

Mais…c’est sans compter le temps inestimable consommé par tous les salariés en réunions d’information et à faire leurs cartons… Un temps que la Direction a « oublié » de comptabiliser dans ses estimations. Le ROI (retour sur investissement) – sans cette donnée – est estimé à l’année 2026.

Une double analyse Secafi et CSSCT pour identifier les risques

Pour donner un avis éclairé les élus ont voté une expertise le 29 juin 2022 et désigné le cabinet Secafi pour la conduire. Ce dernier a été chargé d’analyser les plans d’aménagement, les conditions de déménagement, les risques psycho-sociaux et le respect des dispositions réglementaires. Il lui a été demandé de produire des préconisations.

Une commission transverse Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) constituée de 8 membres a été mandatée pour instruire le dossier pour les élus du CSE.

Un Groupe de Travail  « Environnement » a aussi été créé.

Avis Secafi et CSSCT :

  • Une ambition de densification excessive basée sur des hypothèses « optimistes » de télétravail qui font courir aux salariés un risque de dégradation des conditions de travail,
  • Un projet très autoritaire sur le renoncement des espaces de stockage des archives et de l’équipement,
  • Un dossier qui dépasse le stade du macro-zoning auquel devait se cantonner l’entreprise,
  • Un sentiment d’une coconstruction dévoyée qui s’apparente à un passage en force.

Des multiples points d’attention, des risques pesant sur :

a) La sécurité

Un système de comptage en prévision de situations de saturation et d’incendie devient nécessaire pour connaitre en temps réel l’occupation des plateaux et des salles de réunion.

Le renouvellement d’air doit être amélioré dans certaines zones par un complément de production d’air neuf ou…en ouvrant les fenêtres. Pratique et économique en hiver !

b) La santé physique (troubles musculosquelettiques et risques sanitaires)

  • Certains dimensionnements d’espaces et regroupements de postes ne sont pas conformes aux normes INRS : risques de heurts, blessures et chutes de plain-pied,
  • Pas de liberté de mouvement car des espaces trop encombrés faute de rangements,
  • La surface moyenne de  5m2/poste augmente le volume sonore au-delà des 55 DB,
  • Bruit causé par les travaux aux étages inférieurs et supérieurs, des nuisances sonores sources de fatigue, d’irritabilité et de déconcentration,
  • Quid de l’hygiène : qui nettoiera et désinfectera les espaces de travail après utilisation ? Les salariés ???
  • Port de charges, poids du matériel à transporter chez soi,
  • Réadaptation à un espace différent chaque jour (lumière, orientation, température, bruit).

c)  La continuité de l’activité et les modes de collaboration

  • Les équipes d’Innovation ont plus de matériel que les autres entités (bancs d’essais, labos, bibliothèques), les en priver empêche d’exercer correctement l’activité,
  • La gestion du télétravail devra évoluer vers une dimension collective, mais un accroissement du télétravail, entrainera un délitement des collectifs,
  • Une position délicate pour les managers : planification des présences, reporting ?
  • Tensions, conflits entre les personnes et les équipes dues à la proximité physique, à des désaccords sur la gestion de l’espace commun et l’attribution des places, à des profils d’activité non compatibles, à des différences hiérarchiques marquées.

d) L’aspect psycho-social

  • Perte du sentiment d’appartenance à l’équipe et l’entreprise,
  • Risque d’isolement et de report sur le télétravail, parfois sous la pression,
  • Conflit de valeur, qualité empêchée due à un travail en mode dégradé,
  • Insécurité socio-économique et crainte de l’avenir : interchangeabilité des salariés devenus variables d’ajustement dans la politique Scale Up.

e) La prise en compte des situations particulières :

  • Salariés non éligibles au télétravail, ceux qui ne font pas de télétravail, handicaps.

Les élus ont voté unanimement des points valant Avis Négatif :

  • Une ligne d’imputation dédiée dans l’outil de suivi Clarity (demandée en juin),
  • Une demande de réponse écrite sur les confusions entre macro et micro zoning,
  • Une limitation de l’occupation à 5 000 salariés avec interdiction de postes < 7m2,
  • De limiter les benchs à 4 postes (et non 6) avec un renouvellement d’air suffisant,
  • De préserver stagiaires et alternants du flex,
  • De sécuriser des postes pour les salariés souffrant de handicaps ou fragilités,
  • D’ajouter des bornes de recharge pour les voitures électriques,
  • De prévoir un retour d’expérience (REX) à 6 et 12 mois,
  • D’appliquer les recommandations Secafi et CSSCT. Leur absence de prise en considération pourra être analysée comme un déni de la part de la Direction du risque de dégradation des conditions de travail et de santé induite par ce projet.

LA CFDT est revenue sur les risques de désengagement  déjà pointés en juin. Sans révision du dossier, la désimplication, ou « démission silencieuse », se soldera par des comportements néfastes tant à la viabilité de l’entreprise qu’aux modes de collaborations. Ce ne sont toutefois que des mécanismes de défense pour atténuer le sentiment de déception et de colère.

Mais personne ne sort gagnant d’une telle situation.

Repères :

  • Prolongation du bail de 5 ans
  • Hypothèse de télétravail : 85 %
  • Résidents actuels : 2 642 (TGI 70%)
  • Cible 2023 : 6 100 occupants
  • Cible 2023 : 4 100 positions de travail
  • Zone temporaire de 450 places
  • 4 séquences de travaux de 10 semaines
  • Capacités de restauration : 2 860 couverts/jour

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